Non le navire n’a pas coulé et l’équipage des World People revient de plus belle pour 2016. Deux ans ont passé depuis leur dernier festival Indian Rythms : un temps qu’ils ont pris pour essuyer les ennuis juridiques mais surtout, pour développer leur label. Après la longue attente d’un verdict, World People peut aujourd’hui se projeter pour un nouveau festival afin de fêter ses 10 ans et lance un appel aux dons pour faire repartir l’aventure. Les pirates ré-hissent leurs voiles : Toto, label manager de World People, nous raconte ce nouveau départ.

Que peux-tu me dire sur cet appel aux dons que vous avez lancé ?

Lors de notre dernier festival, nous avons eu un décès sur le site. Nous n’étions pas coupables, nous avions un service de santé et les parents n’avaient pas porté plainte. Seulement, la justice en a profité pour ouvrir une enquête : nous avions été dépassés par le nombre de participants et ils ont voulu vérifier tous les comptes.

J’ai eu plusieurs chefs d’inculpations que j’ai annulés un par un, de dépositions en dépositions, en prouvant mon innocence. Il en restait seulement un où l’on m’accusé de faux et usage de faux.  Etant responsable du festival, j’avais signé des papiers qui devaient en fait être signés par le président ! J’ai donc avoué que j’avais signé à la place de mon frère qui était le président. Aujourd’hui le verdict est tombé et le procureur nous présente un arrangement : il nous propose de payer 1300€ d’amende pour éviter de passer au tribunal.

Depuis deux ans nous avons une activité réduite et nous avons voulu en profiter pour développer le label : nous avons intégré de nouveaux artistes et sorti plusieurs compilations, albums et EP. Aujourd’hui, préparant notre prochain festival, il nous faut de l’argent : nous avions suffisamment prévu pour amorcer les frais mais avec cette amende de 1300€, nous partons avec un handicap. Nous avons décidé de demander aux gens un petit coup de main : 1 ou 2€ par personne et ce sera vite réglé ! Cela nous permet aussi de donner des nouvelles officiellement à notre public, qui se posait beaucoup de questions.

Comment marche cet appel aux dons ?

On peut dire que l’on a vraiment notre public car il ne nous a jamais lâchés ! Ils nous ont soutenus et remotivés avec tous ces messages de soutien ! Certains moments ont été assez durs pour nous et ça fait du bien de voir que le public est toujours fidèle ! Il ne faut pas lâcher l’affaire et continuer de passer le message car ça devient un peu plus calme en ce moment.

Qu’avez-vous fait durant ces deux dernières années ?

Durant ces deux dernières années, ça a été convocations sur convocations pour ma part, afin de leur prouver que je n’étais pas qui ils pensaient. Nous avons continué de faire des events en salles au Bikini avec la soirée WIG et la soirée HAT. Comme nous n’avions pas de festival, nous en avons profité pour développer le label car il y a de plus en plus d’engouement pour notre musique. De nouveaux artistes internationaux ont décidé de nous rejoindre, ainsi que quelques belles trouvailles comme Chakraview (Inde), Wishi (Russie), Mind Pirates (Goa), Buckle (Brésil), Witchcraft (Grèce) et Noj Nor (Canada). Cela a créé pas mal de taf car il fallait trouver des dates pour chaque artistes et sortir les tracks en compil ou en EP.

De mon côté, j’en ai profité pour retourner à l’école en formation de « Producteur de Spectacle Vivant » : ce qui m’a permis d’acquérir un peu de théorie administrative. Du coup, j’ai remonté une nouvelle équipe toute fraiche pour le retour de World People. J’ai aussi entamé une formation plus personnelle en composition et arrangement sur MAO pour ma collaboration musicale avec mon pote Mark de Catawampus Rec. Notre projet Skyhigh Pirates décolle donc je voulais me concentrer un peu plus sur le son.

Quels sont vos prochains objectifs ?

Nous avons beaucoup d’objectifs à venir : une Carnival Party à Perpignan en février, une Modem Teaser Party le 27 mars au Bikini de Toulouse, une HAT le 21 mai au Bikini aussi puis enfin, notre festival tant attendu : le WP Blast Off sur le thème de Mad Max du 14 au 17 juillet.

Des espérances, des envies pour ce prochain festival ?

Nous espérons qu’il n’y ait pas trop de monde car ce n’est pas facile et nous tenons à conserver ce que le public aime chez nous, c’est-à-dire ce côté proche, familial et convivial. Nos envies ? Encore plus de gens excentriques, déguisés, maquillés et prêts à se lâcher ! C’est notre slogan : soyez fou, lâchez-vous (du moment que nous ne faites chier personne) ! Il faut garder ce respect de tous.

Je trouve malheureusement que les gens sont parfois un peu trop coincés et avec notre festival à thème, nous espérons créer une atmosphère de folie où les gens pourront se retrouver dans une bulle de décompression. Décompresser de la vie habituelle avec toutes les galères qu’elle engendre : je veux que le public évacue et se lâche, mais encore une fois, tout en respectant les autres. Se lâcher au maximum en excentricité comme en Australie par exemple où nous avons beaucoup à apprendre en tant que Français ! Ce n’est pas une critique loin de là mais en France, nous sommes plus ou moins formatés, c’est ce qui nous rend comme cela. Et je me bats désormais pour que l’on puisse s’amuser comme on l’entend !

Le pot commun

Le festival

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