Le mois dernier s’est déroulée la plus vieille rave de France et une partie de notre équipe a foulé cette bonne terre brestoise le temps d’un week-end. On vous raconte notre festival.

VENDREDI

Arrivés donc le vendredi, accueillis par un léger crachin breton, nous commençons les préparatifs de la fête du soir qui se déroulera en partie à La Carène (la Salle des Musiques Actuelles brestoise, NDLR) et à La Suite. Nous avons pris un charmant bateau en location sur le port de Brest, ce qui nous a évité de monter et descendre 15 fois entre le port et le centre-ville, la ville de Brest étant naturellement en continuelle montée (ou en descente, ça dépend dans quel sens on va).

Notre soirée débute sur le parking de La Carène où nous faisons la rencontre de Brestois pure souche ayant sorti leur sono et diffusant de la « Tek » généreusement. Après quelques bières, on se dirige vers l’entrée de la salle. Jamais de notre vie nous n’étions entré si tôt dans ce lieu, que l’on découvre un peu vide et c’est bien normal ! A l’intérieur EVENN chauffe la piste et déjà les premiers danseurs esquissent quelques pas.

Tout le monde attend impatiemment la venue de Danilo Plessow aka Motor City Drum Ensemble qui n’était pas venu à Brest depuis novembre 2015. S’en suit le live de Flabaire de l’écurie DKO Records  qui commence par un petit speech rigolo en guise d’inter-set.

Tout le monde est chauffé à blanc, la salle est remplie et au dessus de nos têtes le plafond est auréolé de dizaines de boules disco de toutes les tailles, que les techniciens mettent habilement en lumière avec leurs lices.

La Carène – Crédit : David Boschet

The Black Madonna achève le line-up par un set très énergique qui nous remplit d’énergie pour la suite de la soirée à… La Suite

La Suite se trouvant à deux pas de là, on se dirige lentement vers ce haut lieu de la vie nocturne brestoise dont les murs ont plus de trente ans. Bénéficiant d’une réduction sur le billet d’entrée après 4h, nous pénétrons à l’intérieur de l’espace extérieur designé par Astropolis. Le fait de mobiliser la rue pour en faire un grand fumoir est très appréciable car l’ambiance dans La Suite est assez suffocante. On entre pour le live du patron Surgeon, la foule est bien chaude et tout le monde danse gaiement. On ressort de là bien rincés et on file se coucher car le samedi va nous révéler de belles surprises et on tient à être en forme !

La Suite
Crédit : David Boschet

SAMEDI

Après une courte nuit, on se fait bercer par le son de la scène de Beau Rivage qui porte assez loin et qui commence assez down tempo (il est midi en même temps). Du coup on commence doucement la journée devant le son de ce before officiel avant d’aller au Manoir de Keroual le soir. Après deux bonnes heures où l’on a pu se ravir du set d’Arno’N Joy et du live de Blutch, on se motive pour un petit tour du centre-ville. C’est ainsi que l’on se retrouve devant le son du collectif Midi Deux installé près du parc de la gare de Brest. L’installation est sommaire mais l’ambiance est au top et le son avant-gardiste. Tous les house heads de la côte Ouest se sont donnés rendez-vous pour écouter Signal ST et Théo Muller. On en profite pour tester le kebab installé pour l’occasion. Le vendeur nous glisse à l’oreille un « on se voit ce soir» ce qui nous rappelle que l’heure tourne et que la grande messe approche !

Midi Deux Sound System – Crédit : Maxime Chermat

On retourne rapidement au niveau de Beau Rivage. Le son reste assez house par rapport au closing d’AZF de 2016 ce qui nous déçoit légèrement. On aide quelques bénévoles à rendre notre coin propre comme tout bon raver bien éduqué et on file à notre bateau pour achever le gin de la veille. Un petit check pass navette s’impose car personne n’a envie d’attendre ce pote mal organisé acheter un ticket à l’entrée de la navette.

Beau Rivage
Crédit : Maxime Chermat

Le fait d’avoir passé la journée dans le centre ville et une mauvaise communication sur qui devait ramener l’apéro nous entraîne dans une sobriété jamais éprouvée un soir d’Astropolis. Nous n’étions jamais partis si tôt également et ça se ressent dans le niveau sonore de notre bus, les gens sont calmes et polis et on chante plus que l’on ne crie. L’attente pour notre vessie est longue mais la délivrance arrive enfin quand le bus s’arrête.

Commence alors la longue procession dans le bois de Keroual que l’on arpente pour la 4ème année d’affilée pour certains. La fouille commence et la vérification des billets dans le même temps. Les basses de la rave parviennent assez bien à nos oreilles et les sourires s’affichent sur nos têtes : après 365 jours d’attente, la plus belle nuit de l’année va commencer !

Crédit : Maxime Chermat

Entrée sur le site. On blague en demandant à quelle heure Jeff Mills passera « The Bells ». Un festivalier rigole et nous raconte que plusieurs artistes sont bloqués à Paris à cause d’une alerte à la bombe. Du coup l’ambiance est moins à la rigolade. On passe devant l’AstrofloorJacques a commencé son live, il y a du monde mais ça ne nous branche pas plus que ça. On va donc voir ce qui se passe à la Cour. Cette année, la déco est somme toute assez minimaliste avec de longs fils blanc qui se baladent un peu partout, mais comme on dit « Less is more » 😉

La Cour
Crédit : Maxime Chermat

On se prend chacun une bonne pinte et on se dirige vers la scène Mekanik, la deuxième maison de Manu le Malin. C’est The Mover qui fait son live, et c’est exactement le genre de son qui sied à notre sobriété même si on commence à résoudre le problème. La scène est petite mais très chaleureuse et attire les amateurs de la frange hard de la musique électronique.  Il est 2h40 et Marc Arcadipane salue son public debout sur la scène et derrière lui on aperçoit Manu qui l’applaudit bien fort.

Manu le Malin – Crédit : David Boschet

Le début du set du Malin est relativement lent du coup on décide de retourner à la Cour pour aller voir Objekt. Le set est assez cool mais ne nous laisse pas un souvenir impérissable. On en profite pour faire un détour par le bar et pour faire une petite pause au chill out. La tente est très haute ce qui donne tout de suite une impression de grandeur et de protection. DJ Oil s’excite un peu trop derrière ses platines ce qui, rappelons-le, n’est pas trop le principe du chill. Un all night long de Francis Inferno Orcherstra aurait été plus approprié !

C’est l’heure où commence Mr. G en live sur l’Astrofloor et ça tombe bien car on pourra enchaîner immédiatement avec Jeff Mills. Que rêver de mieux ? L’Astrofloor est clairement dessiné pour ce genre de prestation scénique et sonore. C’est rare pour nous de faire de si grosse scène et d’entendre le halo des milliers de voix qui s’entrechoquent sur les basses rondement menées par Mr. G.

Mr. G
Crédit : Maxime Chermat

The Wizard monte sur scène une heure après Colin McBean et nous délivre un set techno dont lui seul à le secret pendant près de deux heures et demi. Le temps pour ce pape du genre d’installer une atmosphère et de nous raconter une histoire bien à lui. D’ailleurs on aperçoit sur scène Gildas Rioualen, le co-fondateur du festival qui profite de ce point d’orgue de tant de travail accompli : chapeau l’artiste.

Jeff Mills aka The Wizard
Crédit : Maxime Chermat

Un festivalier avec qui nous avons sympathisé nous propose vers la fin du set d’aller profiter du B2B entre Barnt et Joy Orbison, ce à quoi nous répondons par l’affirmative.

Le soleil s’est levé sur la Cour de Keroual et c’est très beau.  On termine par aller voir Maxime, Romain et Antoine aka Maxime Dangles, Traumer et Electric Rescue aka Möd3rn en live sous l’Astrofloor. Le live des trois compères est toujours aussi efficace. Voici le morceau qui clôturera cette nuit magique, d’ailleurs on a remarqué qu’Antoine aimait bien terminer les sets de Möd3rn avec :

Möd3rn
Crédit : Maxime Chermat

Nos potes auront la foi d’aller faire l’after le lendemain au Vauban. Les impératifs du quotidien nous forcent à devoir prendre un covoiturage à la gare de Brest dès le matin. On est accueillis par un Brestois qui à peine nous avoir dit bonjour nous demande « Vous êtes allés à Astro ? ». On rigole et on acquiesce. Surtout, on explique qu’on souhaite revenir pour l’édition d’automne au Fort de Penfeld pour aller voir Len Faki, W.LV.S (The Driver & Electric Rescue), Nathan Fake et The Hacker aka Amato.

Merci Astropolis pour cette édition, comme toujours, réussie et à très bientôt donc !

Crédit photo à la Une : Maxime Chermat

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