C’est non sans impatience que nous attendons en plein milieu du bois de Vincennes pour accéder au Peacock Society. En effet, il est déjà minuit et nous entendons au loin la musique retentir dans les deux grands hangars du Parc Floral prévus à cet effet. Dans le premier, la crème de la House est présente pour groover toute la nuit. Dans l’autre, la Techno, prête à déchaîner les passions.

C’est à partir de minuit trente que nous assistons au live de Fatima Yamaha . Le Néerlandais au nom japonisant y exécute son live qui remplit les salles depuis quelques années. Toujours équipé d’une armada de synthés aux sons disco délicieusement kitch, Fatima Yamaha nous livre un live parfait reprenant la plupart de ses morceaux . L’effervescence du public est impressionnante au moment où le producteur joue les 5 notes de clavier de son morceau mythique « What’s A Girl To Do ».

Puis, c’est au tour de Floating Points d’enchaîner en DJ set sur la déjà bouillante scène de la Squarehouse. Habitué des lives durant plusieurs heures voire toute nuit, le Britannique déroule un DJ set étonnamment nerveux, efficace, bien loin des mélodies contemplatives que celui-ci a l’habitude de jouer.

A quelques dizaines de mètres de là, derrière les lourds murs en béton, la Scène Warehouse only Techno bat son plein. C’est Bjarki, le jeune protégé de Nina Kraviz, qui est à l’œuvre pour son talent caché : le live. Bien loin des rythmes 4/4 auxquels on pouvait s’attendre, Bjarki compose une Techno déstructurée, presque expérimentale, tout en gardant une violence extrême.

Ne nous voilons pas la face, les festivaliers sont un peu perdus par cette prestation. Il était donc obligatoire que l’auteur de « I Wanna Go Bang » passe son morceau phare de 2015 que tout le monde attendait depuis le début. Même si nous avons entendu ce morceau des milliers de fois, il faut avouer qu’il prend toute sa saveur dans les hangars du Parc Floral. On vous laisse juger par vous-même grâce à Arte Concert qui a filmé l’intégralité de la performance de Bjarki : http://concert.arte.tv/fr/bjarki-peacock-society

Mais l’intérêt principal de ce vendredi soir résidait dans la tête d’affiche de la Peacock. Le légendaire Larry Heard, aka Mr Fingers, était programmé lors du Peak time. Méconnu des jeunes générations, Larry Heard est considéré comme l’un des fondateurs de la House originale, la House de Chicago. Pratiquement absent de la scène depuis plusieurs années, l’Américain âgé de plus de 50 ans désormais était très attendu par ceux qui s’intéressent un minimum à l’histoire de la musique électronique.

Alternant des passages calmes très mélodiques penchant sur le disco, et d’autres plus rythmiques cadencés, Larry Heard nous régale avec une House Old School , légèrement acid et surtout à base de gros kicks, à l’instar de ce morceau :

S’en suit le jeune artiste en provenance d’une autre ville elle aussi mythique dans l’histoire de la musique électronique : Omar-S, tout droit venu des tréfonds de Détroit.

Très attendu, Omar-S est au rendez vous. Le son kick et groove à souhait, faisant l’unanimité des festivaliers grâce à un éclectisme impressionnant des morceaux joués, notamment grâce à cette pépite House de 1993 :

Il est déjà 5h45 quand le set hors du temps d’Omar-S se clôture. Avant de partir, nous décidons de faire un tour du côté de la scène Techno. Sans surprise , c’est l’infatigable Ben Klock qui est aux platines et fait office de voiture-balai. Pratiquant une techno sans concessions et répétitive, Ben Klock jouit toujours depuis plusieurs années d’une popularité énorme de la part de sa fan base prêt à en découdre jusqu’à l’aube en tapant du pied . Notre corps ne peut plus suivre, nous partons nous reposer pour la soirée de demain.

Retour sur les lieux le samedi pour une soirée un peu plus calme et intimiste (à quelques milliers près!).

Dès l’entrée on sent que la machine est bien huilée de la veille, on n’attend pas plus de vingt minutes dans la queue (où il règne déjà une ambiance bonne enfant qui laisse présager le meilleur).

On arrive juste à temps pour Seth Troxler avec un set très house (limite funky avec des teintes disco) comme à son habitude. L’entrepôt est déjà bien rempli et on aperçoit de sacrés déhanchés de la part des fans du grand moustachu.

Avant d’aller voir Modeselektor, on va jeter un oeil à Agents of Time en live. Une prestation brute et entraînante, on a rien à leur reprocher si ce n’est d’avoir rameuté une floppée de gens dans le Squarehouse pour leur live.
Malgré une capacité d’accueil plus que raisonnable le samedi, il fallait s’armer d’une bonne dose de self-control et de patience pour pouvoir se faufiler dans la foule compacte amassée devant la scène de la Warehouse pour assister à la grande messe de Modeselektor. Le concert à peine commencé, le public est déjà conquis et le set délivré est à la hauteur des attentes qu’il suscitait. Le set est maitrisé de bout en bout, oscillant entre des phases acid techno avec le célèbre « Acid Phase » de Emmanuel Top, de l’électro à la Moderat ou encore il atteint son apogée lorsque, en hommage au film de Danny Boyle dont le deuxième volet sortira prochainement, les DJ allemands balancent le son mythique d’Underworld, « Born Slippy », déjà devenu un hymne de la musique électronique. Mais c’est avant que les stars de la soirée nous quittent au son de « New Error », au terme d’un set que beaucoup auront trouvé trop court, tant on aurait voulu que Modeselektor nous accompagne dans notre transe électro jusqu’au petit matin.

Notre dernière direction avant la sortie sera le set de Chris Liebing, l’allemand nous achèvera à un rythme entraînant, les avertis seront tous au rendez-vous et en redemanderont. Rien à dire sur sa prestation, une techno puissante qui nous a emmené jusqu’à la navette au pas de course!

 

Crédit texte : Thibaut Chauville & Lucie Chboubelai

Crédit photo : Ludivine Pelissier (suite des photos ICI)

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