Retour sur le samedi 10 décembre, jour où 20 000 festivaliers vont s’adonner dans quatre salles à un marathon de danse sur de l’électro, de la bass music et de la techno au Parc des Expos de Montpellier. On vous raconte notre soirée et nos ressentis!


Premières constatations et pénétration des lieux

Arrivée sur le parking en fin d’après-midi et une chose nous saute aux yeux : la présence policière. Face aux débordements de l’annulation d’ILT 2014, et surtout à l’ampleur d’un tel événement mieux vaut être préventif!

Découverte dans un premier temps de la Purple Room qui est en fait plus un lobby qu’autre chose : prévention, cashless, informations diverses et une petite scène agrémentent l’entrée du festival. Le sens du détail y est très agréable, ça ne présage que du bon pour le reste.

Début de la cavale électronique

On commence les hostilités avec les Cosmic Boys, ce duo de Montpelliérains évolue en terrain conquis pour inaugurer la Red Room. Une techno qui booste, un BPM qui permet de se dandiner sans trop se presser et une très bonne maîtrise de leurs transitions assure à ces deux-là une qualité de set optimale.

Pas le temps de niaiser, on enchaîne directement avec Mind Against. On attendait beaucoup du duo de frangins italiens, et difficile d’être déçu. Même si la clarté de leurs productions n’est pas forcément ressortie durant leur set, les basses profondes et l’atmosphère qui entourent leur art vous entraîne jusque devant la scène, que vous le vouliez ou non.

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Maintenant, direction la Green Room avec probablement les enceintes qui tapent le moins : dommage, parce que le jeune prodige Snorkeller (le gagnant du contest ILT 2016) fout le feu dans cette spacieuse salle. Sa house combinée aux vocals permet au néophyte comme à l’amateur averti de se déhancher sans retenue, et ça fait du bien ! Toujours dans la Green, c’est Petit Biscuit qui enchaine. La recherche des harmoniques qui se dégage de ce jeune DJ d’à peine 18 ans peut parfois ne pas plaire, mais son talent dans la proximité avec le public et l’utilisation de machine à samples et autre percussions sur scène ne peuvent déplaire à l’oreille du public.

C’est mignon, mais c’est extrêmement bien fait : bravo !

Pas non plus le temps d’aller jusqu’au bout, on continue avec notre découverte. Direction la Blue Room avec Badjokes qui s’occupe de faire trembler la salle, jonglant sans mauvaise blague entre Dubstep, Drum’N’Bass et Trap!

Au milieu de son set,on décide d’aller jeter on œil à Worakls et son fameux live. Il apparaît que sa formation classique de pianiste aide beaucoup, puisque c’est avec force qu’il dépose les accords sur son clavier. La foule est conquise, voire légèrement subjuguée par la finesse de ses arrangements et la manière dont il détourne des titres qui ont fait sa renommée.

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Et sans transition retour à la Blue. Après la fin de set très Trap de Badjokes vient le fondateur du style Minimal Progressive, notre fleuron national : Comah ! Hélas le soudsystem ne sera pas assez tapageur à notre goût pour nous faire pleinement profiter du set tout en contrôle de ce jeune espoir.

Juste le temps d’arriver à la fin du set de Recondite. C’est deep, c’est fort, c’est lourd. Bref tout ce qu’on attend de lui! Quoi qu’il en soit, c’est Maceo Plex qui reprend les commandes de la Red Room. Passant d’un début de set assez mélodieux, le Cubain revient à ses premiers amours, et déballe devant les quelque 10 000 personnes présentes dans la salle une techno froide et deep. Ça pulse bien, et même cette ambiance aseptisée permet de placer quelques pas de danse agréables.

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Après une heure de set absolument monstrueux, on laisse Maceo faire ce qu’il sait faire de mieux tandis qu’on se dirige vers l’artiste qui nous intriguait le plus ce soir. Pascal ArmezNicolas, aka Vitalic. Sacrée surprise sur son live construit, certes avec cette même pâte très mélodique, mais avec une volonté de procurer à l’assemblée un sentiment de montagne-russe lors de ses drops. Il nous balade facilement entre montée d’arpèges soutenus et drop mélodique épileptique.

Légère déception du set de Laurent Garnier : une techno très berlinoise, peu de mélodie, beaucoup de nappes de sons et autres bruits blancs. Son set est loin d’avoir fait l’unanimité, mais bon … qui pourrait lui en vouloir ? Ça sera meilleur la prochaine fois!

Pour rattraper le manque de tapage de pied, on ira se réconforter sur Noisia à la Blue Room. Heureusement que le trio néerlandais est là pour nous en mettre pleins les dents. Les basses sont profondes, ça tabasse et les influences diverses font que, même si les rythmes endiablés de la Drum tournent en boucle, il est impossible de s’ennuyer.

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Pour ce qui est du seul Back2Back de la soirée, on imagine également la barre très haute. Là, le duo Klock2Dettmann laisse place à une techno froide, ronde et puissante, à l’image des sets qu’ils devaient déballer au Berghain. Ça fait le taff incontestablement, mais ce n’est pas ce qu’on recherche pour clôturer notre soirée.

Let’s bounce ! Lorsque l’on apprend à quel point Dave Clark est multi-casquettes (présentateur radio, concepteur studio), on s’attend à ce que cela se retrouve dans sa musique. Mais ce Britannique est bien connu pour sa techno sombre et minimaliste qui vous fracasse pendant des heures durant. Légèrement plus groovy que ses homologues berlinois, Dave Clark finit en beauté et on adore ça !

Les derniers instants approchent, on se prépare et on découvre Black Sun Empire. Leurs kicks old school et tapageurs alliés à des sonorités novatrices laissent le dancefloor en furie. Et comme une mauvaise nouvelle n’arrive jamais seule, il est 6h, it’s over!

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Finalement, c’est un bilan en dents-de-scie pour ce festival montpelliérain. Une organisation correcte, des prix assez élevés sur le festival, une sécurité professionnelle, des sound system très disparates et des prestations scéniques très satisfaisantes. On en ressort conquis!

Rédacteur : Nicolas Suffit

Crédits photo : ©Nicko Guihal

 

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