On s’est rendu au bout de l’Europe, dans la belle rade de Brest les 5 et 6 juillets dernier pour fêter un anniversaire tout particulier. Celui de la 25ème édition du plus vieux festival de musiques électroniques de France : Astropolis. Retour sur une date d’anthologie.

Entre immersion dans le son et focus professionnels

En 1995, la répression contre les raves parties bat son plein. Mais une bande d’irréductibles bretons ne baissent pas les bras et commence à organiser des raves plus ou moins officielles dans le Finistère. 25 ans plus tard, Astropolis est devenu un véritable monument d’hommage aux musiques électroniques et ne compte pas s’arrêter en si bon chemin. Une fois encore, c’est toute la ville de Brest qui a été envahi par les pirates technophiles le temps de 5 jours. Le 3ème était déjà entamé lorsque nous sommes arrivés pour discuter du projet SONARS (présenté en live par Maxime Dangles le jeudi soir), fruit d’une collaboration entre 3 artistes, la Carène et le CNRS autour des sonorités des fonds marins. On quitte ensuite le cœur de Brest direction le Manoir de Keroual, qui ouvre pour la 1ère fois ses portes dès le vendredi soir. Ambiance petit comité, coucher de soleil sur le chapiteau de l’Astrofloor et, surtout, on se laisse transporter par le live d’Arnaud Rebotini et les musiciens du Don Van Club qui nous rejouent la BO de 120 Battements par minute. 

Un bois de Keroual qui a touché les étoiles

Qui aurait-cru qu’on aurait aussi chaud à Brest ? Sans parler des 30 degrés au thermomètre, l’ambiance est montée crescendo tout au long du samedi de festivités. Chacun pouvait tout aussi bien profiter d’une pétanque musicale en hauteur du centre-ville, se détendre dans le cocoon de ÖND à La Passerelle ou boire un verre à la terrasse du Vauban face à la mer. Mais le rendez-vous incontournable qui marque le début de la fête reste l’open air de Beau Rivage x Piknkic Electronik, où on s’est déhanché devant Blutch et vibré sur le live incroyable de Earl Nest, guitare en main.

Une fois échauffés et prêts pour les choses sérieuses, le bois de Keroual nous attendait pour une nuit que nous n’oublierons jamais.Jeff Mills et Mike Banks nous ont amené dans l’espace avec leur projet X-102, on a tapé du pied dans la grande roue au-dessus du set déchaîné de Paula Temple et Manu Le Malin a, comme à son habitude, retourné la scène Mekanik avec une programmation aux petits oignons. Après un tour aux auto-tamponneuses avant le lever du jour, Blutch nous a fait la surprise de revenir aux côtés de Denis Sulta pour un closing house qui a mis tout le monde d’accord. Une chose est sûre, c’est qu’Astropolis n’a plus à prouver qu’il est un incontournable pour les amoureux de musique électronique. A l’année prochaine !