[ENGLISH VERSION BELOW]

Suite à un passage remarqué dans la ville rose sur l’événement The Lost Island organisé par Karnage Records en début d’année, on a décidé de faire un petit focus sur Thrasher, le fondateur du label hard-dnb / hardcore néérlandais  PRSPCT qui a fêté ses 15 ans le mois dernier. On lui a posé quelques questions, ainsi qu’à Céline, Label Manager de Karnage. La bonne nouvelle, c’est qu’ils vont sorti un EP ensemble et croyez-nous, ça en jette ! On vous présente tout ça dans notre article.

Qu’est-ce qui t’a amené à rejoindre le mouvement punk/métal à seulement 14 ans ?

Je suppose que j’avais juste besoin de quelque chose pour canaliser mes frustrations d’ado. Le Punk était la solution idéale pour ça. La mentalité du “fais le par toi-même” m’a appris qu’avec un travail acharné, vous pouvez presque tout faire vous-même et y diffuser l’impact souhaité. Pensez à vous-même et suivez votre cœur.

De plus cette musique avait tellement d’énergie. C’était le cocktail parfait pour canaliser ma douleur, ma frustration et la colère que je ressentais en tant qu’adolescent.

Tu évolues aujourd’hui sous le nom THRASHER depuis quelques années déjà, et tu as créé dans la foulée ton propre label PRSPCT. Parle-nous de ce label majeur de la scène hard / dnb actuelle ?

J’ai grandis dans un univers punk / un mouvement Do It Yourself dès le plus jeune âge. Si tu veux changer les choses et/ou faire quelque chose de ta vie il ne faut pas rester assis et attendre que ça arrive, il faut te lever et te bouger le cul. J’ai débuté PRSPCT pour me rebeller et exposer ma vision et voir ce que cette musique pourrait apporter une fois sortie. Prendre des éléments du punk ethnique et combiner toutes les choses que j’aime dans le hardcore, le breakcore et la drum and bass avec cette douce sensation d’emmerder le monde dont nous avons tous besoin dans notre vie. Je suppose que je n’étais pas le seul là-bas à rechercher ça car nous avons beaucoup d’artistes et d’âmes partageant ce sentiment et cet amour de la musique. Parfait !

On a pu voir que PRSPCT s’étendait sur la toile avec sa webradio sur gabber.fm avec des lives. Que peut-on attendre de toi et de PRSPCT dans les mois qui arrivent ? D’autres projets en perspective ?

L’émission de radio est maintenant sur Hardcore Radio. Nous avons des tonnes d’événements cools et des sorties inattendues qui arrivent cette année. C’est bien sûr, une année assez particulière parce que PRSPCT a 15 ans. D’ailleurs, Limewax et moi travaillons sur un nouveau live spécial PRSPCT. On travaille sur des choses comme Trashmachine (avec Deathmachine), PRSPCT XTRM live qui va créer plus d’émissions et la liste est bien longue…

Vous vous êtes rapprochés du label toulousain Karnage Records il y a quelques années, comment vous êtes-vous rencontrés ?

Céline et son crew sont vraiment géniaux. Coup de foudre 😉. Elle nous a invité il y a quelques années et le courant est direct passé. Notre amitié a grandi et maintenant on enregistre même ensemble !

Nous avons assisté à la dernière Fury organisée par Karnage le mois dernier au Bikini. Quelles sont tes impressions sur le public toulousain et le lieu ?

J’adore Toulouse. Les soirées Karnage ont été mes meilleures dates françaises. C’est le feu à Toulouse !

Il y a des femmes qui sont signées sur ton label ou qui jouent sur tes soirées. Selon toi, qu’apportent-elles de plus dans ce milieu ?

Les femmes sur PRSPCT peuvent VRAIMENT jouer et RÉELLEMENT produire leurs propres musiques. C’est quelque chose d’assez spécial dans ce milieu et je remercie vraiment les femmes comme Lucy Furr. Elles méritent bien plus de respect qu’elles n’en obtiennent. Ce sont de vraies artistes !!!

Quelle approche différente ont-elles du milieu par rapport aux hommes ?

Les femmes sur PRSPCT font comme les mecs. Elles se donnent et bougent leur cul au studio. Il n’y a pas beaucoup de différences. Je pense même qu’elles doivent travailler plus dur que certains mecs là-bas, comme si elles avaient à se prouver quelque chose à cause de toutes ces fausses artistes et leurs producteurs imaginaires…

Alors que tu joues sur des gros événements comme le Dominator, le Hardshock ou encore les XXL, peux-tu nous raconter un des meilleurs souvenirs de ta carrière ? Ou une petite anecdote ?

Une des plus grosses dates de ma carrière était lorsque j’ai joué au Lowlands festival avec the Hard Way Live il y a quelques années. C’est le premier festival de rock, pop, dance, … aux Pays-Bas. J’avais l’habitude d’y aller depuis mes 15 ans et j’avais toujours rêvé d’y jouer. Quand c’est arrivé et qu’on a complètement détruit cette immense foule, j’ai pleuré après le show à cause de toutes les émotions qui me travaillaient. Aucun set, nulle part, ne m’en donnera autant… Enfin je pense, on ne sait pas ce que l’avenir nous réserve.

Nous te remercions de nous avoir accordé cette interview et d’avoir répondu à nos questions. Un dernier message à faire passer ?

Je ne remercierais jamais assez tous les artistes et les guerriers de PRSPCT qui nous ont supporté pendant toutes ces années. Sans vous, nous n’en serions pas là. Je vous aime tous !!!

Plus d’infos :

PRSPCT Recordings : site web, facebook, soundcloud

Thrasher : facebook

On a aussi posé des questions à Céline, une des fondatrices du label Karnage Records pour avoir son point de vue.

On assiste de plus en plus à une envolée d’artistes féminins qui se font une place sur la scène électronique en général, y compris sur la scène Hardcore comme Miss K8 (Hardcore), Korsakoff (hard style), Lady Dana (Hardcore), Lucy Furr (hard dnb). Pourtant, c’est un mouvement souvent perçu de « brute » ou encore « machiste ». On aimerait avoir ton avis pour peut-être rompre les clichés.

Il y a toujours eu des femmes dans notre milieu, je pense à Daisy, Mouse, No Name, Ybrid ou encore Goetia… Il y a une envolée des Djettes, mais les vraies productrices restent rares. Celles que j’ai citées précédemment en font partie et j’ai beaucoup d’admiration pour ces nanas qui arrivent à sortir de magnifiques tracks.

Comment une femme peut-elle trouver sa place dans ce milieu d’hommes et comment concilie-t-elle sa vie de tous les jours?

Pas besoin de trouver notre place, nous la prenons, c’est tout. Il ne faut pas avoir peur d’affronter les gens et il faut avoir du répondant, savoir rendre les coups. Mais si tu es carrée et que ton travail est bien fait, personne ne remarque que tu es une femme, la question ne se pose même pas! Il faut passer outre les remarques que tu peux entendre. Même si c’est dur et souvent blessant, la meilleure réponse, c’est d’agir et d’être toujours là. Tu dois rester une femme tout en étant respectée comme un homme. Dans ta vie sociale, tu peux te sentir un peu décalée lorsque tu parles avec ton entourage et que tu es plus excitée par les nouveaux masters ou la nouvelle Cover du prochain Ep que par les dernières baskets à la mode… Beaucoup de gens ne comprennent pas. Ma famille me demande encore qu’est ce que je compte faire plus tard…Enfin, Il faut arriver à concilier la vie de famille (enfants et mari) avec ton travail qui est chronophage et qui te prend beaucoup d’énergie. Tu es dans un ascenseur émotionnel permanent, comme sur un grand huit, ça va très vite. Tu peux être en haut où tout va bien et un simple courrier préfectoral met ta structure en péril en ruinant 1 an de travail. Tu prends des grosses gifles en permanence mais il te faut repartir direct et rebondir … Depuis une bonne année, nous avons l’impression qu’il est vraiment devenu difficile de bosser correctement. C’est là que tu vois que nous faisons un métier « passion », tout ton argent et tout ton temps passe sur tes labels et tes soirées …. Tu es souvent sur la route et tu dois imposer ton emploi du temps à ta famille. Pour ma part, après plus de 15 ans de vie commune avec mon conjoint, nous avons su trouver un juste équilibre.

Tu gères Karnage Records, Kosen Production et Neurofunkgrid, c’était donc une lignée intéressante que de croiser la route du label néerlandais PRSPCT Recordings?

Je gère Karnage & Kosen. Pour Neurofunkgrid je m’occupe essentiellement de l’agence de booking et des Soirées NFG, le label et la chaîne sont gérés par Axel, son créateur.
Je me suis intéressée à PRSPCT vers 2011 au retour d’une tournée en Belgique … Lors d’une soirée au Steeple avec nos copains lillois « Yllogik », j’ai entendu un dj (MR ORANGE) … sur le coup, je me suis demandée quel était ce mélange de Hard drums n Bass hyper bien fait , qui permet de switcher entre la Drum&Bass et le Hardcore . Mon pote Lager ( the Dead Guy) qui en joue aussi me dit alors que c’est du « Crossbreed » . Révélation. A mon retour je mets sur le main stage de la Koalition Counterstrike , Igor (que j’avais connu avec le Evil has a Name et le Icebreaker Remix), Black Sun Empire, The Upbeats et The Outside Agency. La sauce prend hyper bien, le public est ravi et moi aussi ! De 2012 à 2016 toutes mes soirées auront un stage consacré à ces artistes (PRSPCT, Position Chrome).

Comment as-tu rencontré Thrasher ? Qu’est-ce qui a fait que vous vous êtes rapidement entendus ? Votre vision de la musique ?

Je l’ai invité sur une Koalition avec son crew (Bong Ra, Sinister Souls, Lime wax et Lucy Furr) . Notre rencontre a été plutôt timide au début et puis à force de se voir sur mes soirées ou les siennes, la glace a été rompue (avec de la tequila). C’est quelqu’un de gentil et de simple qui a le même rapport que moi vis-à-vis de l’industrie musicale, il reste très humain. D’ailleurs, c’est le seul promoteur qui m’a accueillie chez lui. Ca a été l’occasion de partager sur la musique, ayant le même passé de métalleux c’était plutôt cool …

Chez Karnage, il y a pas mal de producteurs, comme Thanos -le fondateur- et The Clamps qui ont tous deux une aura sur la scène internationale. Qu’apportent-ils à Karnage ?

Ils apportent une aide précieuse sur le label. Lorsque je reçois des tracks et que je doute, leurs oreilles affinées de producteurs me sont essentielles. Thanos, le Fondateur de Karnage, créé en 1998, s’occupait à peu près de tout dans Karnage : soirées et labels avec son acolyte Thx. Ensuite , Thanos a été de plus en plus occupé par le shop Sunset music où il travaille depuis 20 ans, il a donc décidé de se consacrer à son magasin, à sa famille et de prendre seulement quelques dates par an pour jouer. En ce qui concerne la production des soirées ou des tournées, nous avons deux techniciens (mapping & lasers) qui travaillent avec nous depuis presque 10 ans. Nous avons deux graphistes (Darin & djtraka) qui s’occupent de nos covers et de nos flyers. Pour ma part, je gère toute la partie logistique, les line up et les Booking, la production et la communication.

Depuis les années 2000, Karnage organisait surtout des soirées. L’envie de produire des artistes m’a fait reprendre le label en main vers 2012 et nous sortons désormais des Eps régulièrement. Je m’occupe des deux labels, Kosen et Karnage avec mon copain Julien (The Clamps). Dj Hidden s’occupe de nos masters.

La production et la logistique des évènements ainsi que les deux labels nous prennent beaucoup de temps, du coup Axel (NFG) avec qui nous avons monté l’agence de booking Enter The Grid est arrivé il y a un peu plus d’un an.

Tu as réalisé plus de 10 éditions des « Koalition » et des « Konnect », des évènements très réputés dans le milieu Hardcore et la Drum&Bass. Quelles évolutions as-tu pu ressentir au fur et à mesure des ces éditions ?

La scène Hardcore a radicalement changée et de façon très rapide. Nous sentons une évolution dans la façon de consommer la musique et les soirées. Nous avons toujours fait ce métier avec nos tripes, et personnellement nous avons toujours privilégié le rapport humain au rapport financier. Pour ma part, j’ai une relation très forte avec les artistes qui travaillent sur le label ou les soirées. Je ne pourrais pas continuer mon métier avec des relations uniquement basées sur le business ou les intérêts personnels. C’est pour cela que je me sens parfois déroutée sur les comportements de certaines agences et autres promoteurs. Le milieu est devenu très lucratif pour certains et les mentalités ont changé. Une nouvelle ère est là mais nous n’avons pas l’intention de changer.

Concernant le public, nous sommes ravis de l’évolution des préjugés autour de ces musiques. De plus en plus de gens s’intéressent à ces genres autrefois catalogués « underground » (j’appellerais ça plutôt alternatif). Nous sommes heureux d’être parvenus à faire grandir ces événements et à faire apprécier notre musique. Mais cela s’est fait progressivement depuis 20 ans. Etant une petite structure, nous avons pris beaucoup de risques pour monter ces grosses soirées et cela nous a demandé beaucoup de travail. Mais la relation que nous avons tissée avec tous les artistes et le public reste aujourd’hui notre plus belle récompense. Maintenant il reste encore du travail à accomplir, surtout au niveau des pouvoirs publics. Nous sommes toujours en recherche de lieux pour nous accueillir, dans le sud-ouest en particulier il y a une réelle carence en espace et en lieu.

Comment vois-tu le futur de ce style musical ? Ressens-tu une ouverture d’esprit ou une plus grande attention du public envers ce mouvement ?

Il y a un nouveau public, c’est certain. Après je ne sais pas combien de temps ce nouveau public restera en tant que réel auditoire et réel soutien, seul l’avenir nous le dira. Quant à nous, nous fêterons les 20 ans du Label en 2018, nous préparons de belles surprises pour les fans de gros Kicks et de grosses basses, mais aussi pour les collectionneurs des premiers temps. Restez à l’écoute !

Plus d’infos :

Enter The Grid

Kosen Production

Karnage Records : facebooksoundcloudyoutube

Releases : Bandcamp, Discogs

Maintenant, on vous présente le tout dernier EP de PRSPCT et KARNAGE RECORDS qui sortira le 23 Juin sur la plateforme Bandcamp :

DOLPHIN – BRING IT ON

Première écoute et on perçoit déjà une petite intro entraînante qui instaure la puissance de par le choix des rythmes lents et des mélodies, qui s’apparente d’ailleurs à celle d’une track de dnb avec les vocals. Mais Dolphin nous a bien concocté une track crossbreed. Il y a là un juste équilibre entre les kicks dnb et les kicks hard acérés et vifs qui forment une cohérence parfaite entre chaque sample. On a ce petit son aigu qui vacille à la limite de l’acid.

DEATHMACHINE – THE FUTURE

Seconde track, une amorce qui annonce d’emblée un chemin obscur, inquiétant et périlleux à la vitesse grand V. On comprend déjà que Deathmachine nous prépare du lourd on le perçoit dès l’intro, et en même temps, on nous annonce 200 BPM au compteur. Rythmes drum n bass croisés avec les kicks hardcore, le crossbreed est bien là, ambiance oppressante, pas le temps de respirer que le rythme reprend de plus belle avec des transitions variées pour re-huiler la machine crossbreed. Quand on écoute « The Future » avec tous ces samples superposés, on se laisse facilement emporter et secouer par cette rengaine fourbe et brutale au travers d’une ronde infernale chaotique.

THE OUTSIDE AGENCY

L’intro pose le décor. Petite mélodie sournoise en background, break mélodieux. En milieu de track on retrouve un univers assez dark qui s’entremêle à une mélodie récurrente et percutante qui nous suit et nous saisit du début à la fin de par sa fugacité. Puis il y a cette mélodie qui jaillit de temps à autres, tout le long de la track, apportant une douceur apaisante en arrière-plan qui contraste avec l’ambiance générale de la musique qui nous martèle à la hauteur des kicks hard. Un mélange très plaisant face à ces kicks qui viennent s’écraser sur nos tympans.

THE CLAMPS – DOWNPOUR

Track bien grasse qui nous assailli de coups du début à la fin. Là on en est sûrs, on en sortira pas indemne ! (Après tout, on est habitués avec lui :p) Petit break mystérieux et inquiétant avec des sonorités aigues pour démarrer la track : ça annonce la couleur pour la suite. Milieu de track, c’est là qu’est l’apogée et toute la teneur de la puissance de cette release. On se laisse happer le cerveau à la vitesse d’un dessin animé qui aurait bugué sur image (Gros glitch). On notera un bon équilibre des mélodies et harmonisation de celles-ci en dernière partie. Merci The Clamps pour ce déluge sonore !

Pour pré-commander et écouter l’EP en entier : PRSPCT loves KARNAGE rendez-vous sur la plateforme en ligne ICI

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– ENGLISH VERSION –

What brang you to join the metal/punk movement at the age of 14 ?

I guess I just needed something to channel my youth full frustration. Punk was the perfect release for that. The whole Do It Yourself mentality taught me that through hard work you can do almost anything yourself and make the impact you want to make. Think for yourself and follow your fucking heart. + the music had so much energy. Perfect way to channel my pain, frustration and anger that I was feeling as a teenager.

Actually, you’re known as THRASHER for several years now, and you have created in the wake your proper label : PRSPCT. Tell us more about this key label on hard / dnb current scene ?

Growing up in the punk / DIY movement I learned from a young age. If you want to make a change and/or do something don’t sit around on your ass and wait for it to happen but get up and do it. I started PRSPCT to rebel and get my vision of what this music could be out there. Bring in the punk ethic elements and combine all the stuff I love from good hardcore, breakcore and drum & bass with that sweet tough of fuck you attitude that we all need in our lives. I guess I was not the only one out there looking for this as we have a massive following of like minded artists and souls out there feeling and loving the same thing. Perfect!

We have seen that PRSPCT was spreading on the web with a webradio on gabber.fm. What can we expect from you and PRSPCT in the next few months ? Are-there more projects to come ?

The Radio show is on Hardcore Radio now. We have a ton of great events and special releases coming out this year. Its an extra special year as its PRSPCT’s 15 year anniversary of course. Besides that Limewax and me are working on a special new live PRSPCT. Working on some stuff as Thrashmachine (with Deathmachine) PRSPCT XTRM live will be doing more show and the list goes on…

You have moved closer from the Karnage Records label few years ago, how did you meet together ?

Celine and her crew are fucking awesome. Love at first site. 😉 She invites us a few years back and we just really got along from the start. Friendship grew and now we are even doing a record together!

We were present at the last Fury carried out by Karnage the last month in the Bikini. What are your impressions about the public in Toulouse and the place ?

I love Toulouse. Playing The Karnage events are my favorite events to play in France. Toulouse fucking rocks!

Some women signed on your label or play in your parties. According to you, what provide they more on this movement ?

The woman on PRSPCT can REALLY play and REALLY produce their own music. That’s something pretty special in this scene and I salute girls like Lucy Furr big time. These women deserve way more respect then they get. They are true artists!!!

What different approach have they of this movement compared with men ?

The girls on PRSPCT act the same as the guys. Play as hard. Drink as hard and work their asses off in the studio Not much difference there. I think they even have to work harder as a lot of the guys out there as it seems they need to prove themselves more due to so many fake female artists out there with ghost producers etc.

Whereas you play for big events such as Dominator, Hardshock, XXL… can you tell us please one of your best memories in your career ? Or a short story ?

One of the biggest shows in my career was playing Lowlands festival with the Hard Way live a few years back. This is Holland’s number one music festival with rock, pop, dance etc etc. I had been going there since I was 15 and had always dreamt to play there. When that happened and we completely destroyed that massive tent I seriously had to cry after the show from all the emotion going through my body. No DJ set anywhere will ever give me that anymore I don’t think but then again.. you never know what the future will bring right!

We would like to thank you for having accepted this interview and having answered to our questions. Do you have a last message to transmit ?

I can’t say thank you enough to all you artists and PRSPCT warriors out that there that have supported PRSPCT for all these years. Without you it would be nothing. Love to you all!!!

More informations :

PRSPCT Recordings : website, facebook, soundcloud

Thrasher : facebook

We asked some questions to Céline, one of the founders of Karnage Records’ label to have her point of view.

There is more and more women artists who are taking their place in the electronic scene generally, including the Hardcore scene as Miss K8 (Hardcore), Korsakoff(Hard style), Lady Dana (Hardcore), Lucy Furr (Hard DNB). However, it’s often perceived as a « raw » or « macho » movement. We would like to have your opinion, to perhaps break the stereotypes.

There have always been women in our community, I think of Daisy, Mouse, No Name, Ybrid or Goetia … There is a surge of DJettes, but true producers are rare. The ones I mentioned earlier are part of it and I have a lot of admiration for these girls who manage to release beautiful tracks.

How can a woman find her place in this world full of men and how does she reconcile it with her everyday life?

No need to find our place, we take it, that’s all. You don’t have to be afraid to confront people and you must have respondent, learn how to fight back. But if you are organised and your work is well done, nobody notices that you are a woman, the question does not even arise ! You have to ignore the remarks you can hear. Even if it’s hard and often hurtful, the best answer is to act and be there always. You must stay a woman while being respected as a man. In your social life, you can feel a little excluded when you talk with your entourage, but you are more excited by the new Masters of a track or the new Cover of the next Ep than by the latest sneakers … Many people do not understand . My family is still asking me what I plan to do later … Finally, we must manage to reconcile family life (children and husband) with your work which takes you a lot of time and energy. You are in a permanent emotional lift, like on a roller coaster, it goes very fast. You can be upstairs where everything goes well and a simple prefectorial letter can put your structure on difficulties and can ruin 1 year of work. You take big slaps constantly but you have to get up and go straight again … It’s really become difficult to work properly since the last year. This is where you see that we are doing a job-passion, all your money and all your time are going on your labels and your evenings …. You are often on the road and you have to impose your schedule on your family. For me, after more than 15 years of living with my partner, we found the right balance between work and family.

You’re managing Karnage Records, Kosen Production and Neurofunkgrid, it was interesting for you to meet and make something with the Dutch label PRSPCT Recordings?

I manage Karnage and Kosen. For Neurofunkgrid I mainly deal with the booking agency and the NFG Evenings. Axel, the creator, manage himself the label and the channel.
I was interested in PRSPCT around 2011 after a tour in Belgium … During a party at the Steeple with our Lille buddies « Yllogik », I heard a dj (MR ORANGE) … on the go, I Asked myself what was this mix of Hard drums n Bass well done, which allows to switch between the Drum&Bass and the Hardcore. My friend Lager (the Dead Guy) who also plays it tells me that it is called « Crossbreed ». Revelation. On my return I put on the main stage of the Koalition Festival : Counterstrike, Igor (which I had known with the “Evil has a Name” and the Icebreaker Remix), Black Sun Empire, The Upbeats and The Outside Agency. It worked well, the audience is delighted and I am too! From 2012 to 2016 all my parties had an stage for these artists (PRSPCT, Position Chrome).

What made you quickly get along? Your vision of music?

I invited him for a Koalition with his crew (Bong Ra, Sinister Souls, Lime wax and Lucy Furr). Our meeting was shy at first and then we meet again and again on my parties or his, the ice was broken (with a bit of tequila). He is a kind and simple person and we have the same relation with the music industry, he is very human. Besides, it was the only promoter who welcomed me to his house. It was the opportunity to share on the music and having the same past with the Metal was cool too …

On Karnage, there are quite a few producers, such as Thanos the founder and The Clamps, both of them have an aura on the international scene. What do they bring to Karnage?

They bring a huge help on the label. When I’m receiving tracks and I doubt, their producers’ ears are essential to make a good choice. Thanos, the founder of Karnage, created it in 1998, took care of everything in Karnage : evenings and labels with his acolyte Thx. Then, Thanos was more and more occupied by the Sunset music shop where he works during the last 20 years, so he decided to be more investigated to his store, with his family and take only a few dates a year to play. Regarding the production of evenings or tours, we have two technicians (mapping & lasers) who have been working with us for almost 10 years. We have two graphic designers (Darin & djtraka) who take care of our covers and flyers. For my part, I manage all the logistics, line up and booking, production and communication.
Since the years 2000, Karnage organised mainly parties. The desire to produce artists made me take the control of the label in 2012 and now, we are releasing EP’s regularly. I take care of the two labels, Kosen and Karnage with my buddy Julien (The Clamps). Dj Hidden is doing our masters.
The production, the logistic of the events and the two labels take a lot of time, so Axel (NFG) , with whom we set up the booking agency Enter The Grid, joined us a little more than a year ago.
You have realized more than 10 editions of « Koalition » and « Konnect », very famous events in the Hardcore and Drum&Bass scenes. What evolutions have you experienced during these editions, what evolutions have you seen?

The Hardcore scene has radically changed and very quickly. We feel an evolution in how to consume music and parties. We have always done this job with passion, and personally we have always privileged the human relationship to the financial one. For my part, I have a very strong relationship with the artists who are working on the label or parties. I would not be able to continue my profession with relationships only based on business or personal interests. That is why I sometimes feel confused about the behavior of some agencies and other promoters. The environment has become very lucrative for some and the mentalities have changed. A new era is there but we do not want to change.
Concerning the public, we are delighted with the evolution of the mentalities around these musics. More and more people are interested in these genres which were qualified of « underground » (I would rather call it “alternative”). We are pleased to have succeeded in making these events growing and our music enjoyable. But this has been done gradually over the past 20 years. We are a small structure, we took a lot of risks to plan these big events and it took a lot of work. But the relationship that we have made with all artists and the public remains today our best reward. Now there is still work to be done, especially at the level of the public authorities. We are still looking for places to welcome us, in the south-west in particular there is a real lack of spots.

How do you see the future of this musical style? Do you feel open-mindedness or a greater public attention to this movement?

There is a new audience, for sure. After I do not know how long this new audience will remain as real audience and real support, we will know in the future. As for us, we will celebrate the 20th anniversary of the Label in 2018, we are preparing great surprises for fans of big Kicks and big bass, but also for the early collectors. Stay tuned !

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Enter The Grid

Kosen Production

Karnage Records : facebooksoundcloudyoutube

Releases : Bandcamp, Discogs

Now, it’s time to present you the last EP of PRSPCT & KARNAGE RECORDS :

DOLPHIN – BRING IT ON

First listen and we can already hear a lively intro establishing the power with all these slow rythms and melodies, which can be actually similar to a DnB track with vocals. But obviously Dolphin made a crossbreed music. There’s a true balance between the DnB kicks and the sharp and strong Hardcore kicks which makes a perfect consistency between each sample. There’s also this sneaky high-pitched sound wobbling to the limit of the acid genre.

DEATHMACHINE – THE FUTURE

Second track, with a first part heralding a gloomy , worrying and risky long way at full speed. We understand that Deathmachine prepares something big and we can sense it from the intro, and at the same time, we got 200BPM at the counter. Drum’n’Bass rythms mixed with hardcore kicks, welcome to the crossbreed genre, with its heavy atmosphere, you don’t have time to breathe that the rythm comes back again and again with various transitions. When you listen to « The Future » with all these layered samples, you can easily get carried away with this swindle and brutal tune.

THE OUTSIDE AGENCY

The intro sets the ambiance. Sneaky little melody in the background, and a tunefull break. In the middle of the track we can hear a pretty dark ambience mixed by a regular and striking melody which go on through the track and impress us with its fleetingness. Then, there’s this melody which springs from time to time, throughout the whole track, bringing a pleasant softness in the background which contrasts the overall music dark atmosphere pounding us with his hard kicks. A pleasant mix with these smashing kicks.

THE CLAMPS – DOWNPOUR

Really big tune assaulting us from start to the end. You can be sure that you won’t be able to save yourself from that track ! ( And afterall, we’re used to it with this guy :p) Mysterious and disturbing break with high-pitched tones in the intro setting up the drop. The middle of the track is the apex and the power content of this release. The track makes your brain get snatched away to the speed of a glitchy cartoon. We’ve also noticed a good balance of the melodies and their harmonisation in last part. Thanks The Clamps for that audio storm !

To pre-order and to listen the full EP : PRSPCT loves KARNAGE visit the on-line platform HERE !

Rédacteurs : Tom & Coline

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