Situé dans les Caraïbes, sur l’île de Saint Martin, le SXM est un festival techno et house de 5 jours dans un décor paradisiaque. Connu pour être écologique, le festival invite tous ses festivaliers à participer au nettoyage des plages de l’île, sous forme d’activité aux côtés des artistes. Pour en savoir plus sur cette édition, nous avons interviewé le fondateur du festival.

Bonjour Julian, peux-tu te présenter ? Quel est ton rôle au sein de SXM ?

Originaire de Montréal, je suis le fondateur et organisateur du SXM Festival où j’assume le rôle du Directeur Créatif. J’ai aussi été DJ et producteur depuis le milieu des années 90 et je suis ensuite devenu promoteur dans les clubs.

Comment as-tu créé le SXM et d’où l’idée est-elle venue ? Quel est le concept du festival ?

L’idée avait germé dans ma tête une décennie avant sa création. Dès ma première visite à StMartin à l’époque, très peu de gens voyageaient pour un festival. Comme l’île n’avait peu ou pas d’adepte de musique électronique sur une petite population, l’étude du marché s’était avérée négative. Seulement les grands événements cultes tel que le Carnaval de Rio, Mardi Gras, le Festival de Jazz de Montréal assuraient une pérennité.

C’est seulement vers 2010 que les mentalités ont changé grâce à des événements comme BPM, Coachella, Burning Man et l’émergence d’un nouveau phénomène : les dit « Millennials ». Cette génération qui préfère investir dans eux-mêmes que dans une maison, qui voyage beaucoup pour vivre des expériences inoubliables et qui préfèrent prendre l’avion trimestriellement que de sortir quotidiennement.

Le concept du festival, applicable à bien des destinations, est une opération marketing qui a pour but de faire connaître une destination, une culture à une clientèle curieuse et dynamique attirée par la musique électronique. Le festival dure officiellement 5 jours et 5 nuits. Il propose aussi des événements 2 jours avant et 2 jours après. En plus, des d’activités sportives, gastronomiques, de découvertes culturelles et de bénévolat complémentent l’expérience du SXM Festival.

 L’événement se dit boutique car il préconise l’intimité en limitant la capacité. Le festival est entièrement  »fait à la main » par des artisans qui travaillent avec des matériaux recycles, des objets trouvés dans la nature ou à la décharge. L’esthétique est sublime et a attiré l’attention aussi bien des mainstreams médias que de fans de musique électronique des quatre coins du globe.

 Le SXM peut faire penser au Fyre festival, dans le bon sens du terme (la cadre paradisiaque, la localisation etc.). Que penses-tu de ce rapprochement? Votre festival serait-il le Fyre festival devenu réalité?

Fyre est la preuve de la superpuissance du marketing digital aujourd’hui et du parfait exemple de publicité trompeuse.

Pour réaliser un festival, il faut des vrais experts et une logistique infaillible. Pour Fyre, c’est l’exécution de rêve promis qui a été problématique et cela s’est transformé en expérience traumatisante. Ce qui nous a le plus touchés, ce sont les centaines de locaux qui ont travaillé jour et nuit de façon acharnée et qui n’ont pas été payés. SXM Festival a été comparé à Fyre mais dans la mesure où notre organisation avait déjà livré 2 éditions précédentes, nous ne sommes pas sentis très concernés.

Peux-tu nous en dire plus sur le line up de cette année ? Êtes vous uniquement orientés sur des headliners?

Les vrais aventuriers et amoureux de musique veulent de la découverte. Écouter des nouveaux sons et être surpris musicalement. Ils recherchent des émotions, ils veulent être transportés. Le SXM mixe des artistes émergents et locaux aux superstars internationales. C’est ce melting pot qui rend l’expérience aussi unique.

Quelles sont les impressions des artistes qui viennent jouer au SXM ? Restent-ils toute la durée du festival ?

Mes partenaires et moi sommes presque tous DJ de base. Nous attribuons beaucoup d’importance à recréer le cadre le plus magique et confortable pour tous les festivaliers et les artistes.

La durée moyenne des séjours des festivaliers est de 8 jours, et, bien que nomades, les artistes restent en moyenne 4 jours, ce qui est exceptionnel.

Le festival est-il éco-responsable ? Quels sont vos engagements ?

En 2018, notre édition a dû être annulée suite à l’ouragan. Cette période de réflexion nous a permis de bien réfléchir sur nos objectifs et notre mission en tant qu’organisation. Dans l’incapacité de produire le festival, nous avons changé le cap de nos efforts pour lever des fonds.

Je vous invite à lire le site web de nos fondations Two Bunch Palm où nos initiatives sont listées autant au niveau communautaire et qu’écologiques.

Concrètement cette année, nous nous sommes engagés à n’utiliser aucun plastique à utilisation unique mais bien des verres biodégradables en bamboo. Nous participons aussi à une superbe initiative de rachat carbone (www.climeworks.com), nos vêtements souvenirs sont faits de matériaux à 100% recyclés en partenariat avec Ungalli.

Une grande partie du site est éclairée par des lampes à énergie solaire. Nous collaborons aussi avec Bye Bye Plastic qui supervisera toutes nos pratiques et effectuera des recommandations sur place à l’organisation mais aussi aux participants du SXM Festival.

Nous travaillons aussi avec « Get up clean up », une Organisation de St-Martin qui invitera les festivaliers à nettoyer des plages avec les artistes.

Durant le festival, les déchets sont triés et dès l’année prochaine, nous ferons une levée de fond pour acheter un composteur pour tous les déchets qui par la suite seront utilisés à l’année sur l’île. L’idée de cette initiative est d’amplifier les pratiques écolos dans les mœurs des habitants de l’île et de notre fidèle et grandissant public.

Enfin, nous sommes cette année en collaboration avec Blue Finance et La Réserve naturelle de St-Martin avec qui nous organiserons une expérience multimédia des fonds marins de St-Martin. Nous avons invité des plongeurs sur l’île et ceux-ci ont réalisés des vidéos des fonds marins. Il faut prendre conscience de l’importance du respect de la nature tout en s’amusant, bien sûr ! 

 

 

Crédits photo : Geoffrey Hubbel, cptvibes, offbrandproject