A l’occasion de la soirée Eatbrain Night – Le Bikini, nous sommes allé à la rencontre de la grosse équipe qui fera le déplacement ce weekend à Toulouse, ainsi que de SKS qu’on ne présente plus aux habitués des soirées toulousaines.

Amis basseux fan de lecture, vous voilà servi !

SKS

SKS

The Quiet Office, qu’est-ce que c’est ? Donne-nous quelques chiffres pour le décrire.

SKS: The Quiet Office c’est une association loi 1901 qui organise des événements à Toulouse principalement. Comme par exemple les soirées DIRTY, Toulouse Massive, les soirées de labels et Festival Drum and Bass (Vandal Records, Critical, Shogun, Eatbrain, Outlook Festival), des soirées Hip Hop (Dilated People, Talib Kweli en Novembre…), des soirées Techno Request et prochainement de soirées Future Beats…

On va fêter les 10 ans des soirées Dirty en mars et la quatorzième année des Toulouse Massive en Janvier !

Pourquoi décider d’organiser une Eatbrain Night ?

On en parle avec Jade depuis la première fois que je l’ai fait venir à Toulouse en 2012. Entre temps le label a signé des artistes toulousains ( Signs, The Clamps, Black Owls…) c’était une évidence, ça a prit un peu de temps mais on y est arrivé…

En tant qu’organisateur de soirée, comment as-tu vécu l’évolution de la Neurofunk ? Est-ce qu’Eatbrain représente bien cette évolution ?

Toulouse et le sud de la France en général a toujours été amateur de son puissant notamment grâce au travail de Celine et son label Hardcore Karnage mais également de soirées Drum and bass à l’ancien Bikini. Je pense aussi que la reconstruction du Bikini et la fameuse qualité de son sound system à permis a cette musique d’être apprécié a sa juste valeur.  Aussi le style est devenu de plus en plus représenté dans le paysage drum & bass par les labels mais aussi avec des artistes comme Noisia, Calyx & Teebee qui l’ont rendu plus populaire.

Jade à fait un très bon travail avec son label au niveau de l’artwork et de la musique en faisant des EPs de qualités. Il est pour moi un des représentant majeur de ce style.

Qu’est ce qu’on peut attendre de The Quiet Office dans les mois à venir ? D’autres soirées type « Label » ?

La venue de Talib Kweli en novembre au Connexion Live, la Toulouse Massive en janvier 2017 et les 10 ans des Dirty en mars sont les prochaines dates à venir au Bikini. Pour le reste, on garde la surprise !

Si vous souhaitez en savoir plus:

 

JADE

Jade

Depuis le lancement du label, on peut dire qu’Eatbrain avez pris une ampleur incontournable dans la scène Drum & Bass; au point d’être aujourd’hui un si ce n’est LE label phare et référence de la Neurofunk actuelle. Comment décrirais-tu cette évolution et les raisons d’un tel succès?

Jade: Je voudrais croire que le succès vient de la qualité de la musique, qui a toujours été la priorité absolue à partir du jour 0. Nous sommes chanceux d’avoir été en mesure de travailler avec du si bon contenu avec jusqu’à présent. Mais il y avait une évolution à bien sûr. Au début j’ai créé le label pour mes propres sorties, mais il est devenu progressivement le mouvement qu’il est aujourd’hui.

S’il te fallait citer un virage ou un évènement qui a marqué le passage d’un label underground et local à un phénomène aujourd’hui mondialement réputé, que pourrais-tu nous citer? Est-ce que ça a changé ta façon de gérer du label?

Eatbrain n’a jamais été un label «local», je suis hongrois, le label est géré à partir de Budapest mais dirigé avec l’aide de la société néerlandaise de distribution Triple Vision, le vinyle est fabriqué aux Pays-Bas aussi, les oeuvres sont donc  issues d’une coopération multinationale. Aussi, j’avais déjà dix ans de carrière lorsque j’ai lancé le label, ce qui fait qu’on y prêtait attention dès le début.

J’ai toujours considéré la 4e sortie (Mefjus & Neonlight) comme un tournant dans la vie du label. C’est à ce moment-là que j’ai décidé que Eatbrain devait être plus que Jade.

A quoi peut-on s’attendre pour le label dans les mois à venir ? Une tournée mondiale ?

Nous avons tant de surprises pour 2017, c’est difficile de ne pas pouvoir en dévoiler plus pour l’instant..

Ce dont je peux parler, c’est qu’il ya un EP de remix à venir pour L 33’s Karate LP, avec des noms comme Joe Ford et Prolix. Synergy (Segment & Concept Vision) sont de retour avec un EP fou qui sortira en début d’année, et le big bang va être l’album d’Agressor Bunx. Et nous allons avoir l’étape Eatbrain à Let It Roll une fois de plus! D’autres infos à venir…

Le Bikini est une salle toute particulière, certains disent une des meilleures installations d’Europe pour les soirées électroniques. On se souvient encore de ton passage en 2012, accompagné de Prolix, pour une Playground. Qu’est-ce qui t’a poussé à organiser une Eatbrain Night ici? Quelles sont tes attentes pour cette soirée?

Le Bikini est en effet un lieu incroyable, c’est un grand honneur de pouvoir y organiser une soirée du label ! Nous sommes extrêmement heureux de travailler avec The Quiet Office sur ce projet.

Aussi, nous avons quelques racines dans la ville, ayant sorti des morceaux de Signs,  basés à Toulouse, et plus récemment Bl4ck Owlz et The Clamps.

Je m’attends à ce que les places se vendent rapidement, alors venez tôt pour ne rien manquer de cette soirée !

 

MINDSCAPE

Mindscape

Si on suit un peu ton parcours, tu as commencé à écouter de la Drum & Bass en 1997, il y a 20 ans. Comment as tu vécu ces deux décennies d’évolution ?

MindscapeDans les premiers temps, la jungle était au centre de tout, accompagnée de D&B atmosphérique et des premiers morceaux Metalheadz. J’ai vraiment aimé ces choses à l’époque et je les aime encore. Mais quand j’ai entendu la techstep et la neurofunk pour la première fois, j’ai eu un sentiment de « putain, c’est ça! », c’est ce dont j’ai besoin, c’est ce que je suis.

Toute la scène a beaucoup changé depuis, pas seulement pour la musique, j’ai aussi vu plusieurs générations de producteurs,de DJs, de promoteur de scène locale, chaque génération a su répondre présent. Je pense que la drum and bass était et est encore en plein progression technique. De nos jours, le matériel de producteur nous offrent beaucoup plus de possibilités par rapport à celles d’il y a 20 ans.

Il y a beaucoup plus de bons producteurs, de gros morceaux, de labels et de sorties. Et puisque le drum and bass est devenue un genre à part entière et inévitable dans la musique électronique, c’est son évolution naturelle.

J’aime toujours ces vibes oldschool, ça me rend un peu nostalgique, ça me rappelle les âges d’or et des vielles raves, et ces airs sont mes racines, mais mon objectif principal est de rester à jour avec la musique actuelle et celle de demain.

Depuis les débuts du label, vous êtes aux côtés de Jade. Qu’est ce qui vous a poussé à vous engager de cette manière dans ce projet ?

Ça fait des lustres que nous sommes de très bons amis avec Jade, propriétaire du label, donc c’était tout à fait évident, et ce, dès le début, que j’allais faire des morceaux pour son label. Il gère Eatbrain de façon très professionnelle , non seulement sur la bonne musique qu’il sort, mais sur toute l’image que renvoie le label, sur les illustrations, le merchandising, et la promotion qui sont gérés avec brio.

Les soirées du label partout dans le monde, les fans enthousiastes où que nous allions, sont ce qui nous donnent la motivation pour continuer à repousser les limites. Et il ya un groupe cool d’amis dans le label maintenant, c’est comme une famille, producteurs, DJ’s, MC’s, nous passons toujours du bon temps avec “la horde”.

Cela fait maintenant quelques mois que l’on vous voit souvent à l’affiche des Eatbrain Nights faire des B2B avec Jade. Qu’est ce qui vous plaît dans ces collaborations sur scène ?

Cela fait quelques temps que nous jouons parfois en b2b pour le plaisir. Je pense qu’à mesure, nous avons réalisé que c’était une bonne combinaison, Jade et moi … Nous sommes amis et nous aimons la même vibe musicale donc je pense que ce b2b est devenu « a thing ».

Lorsque vous jouez seul, vous construisez vos propres sets, vous jouez vos morceaux préférés que vous et votre foule aiment, il n’y a aucun compromis à faire. C’est un autre genre d’expérience pour moi de jouer en b2b avec Jade, et j’aime tous les sets que nous jouons ensembles avec mon “partenaire de crime” !

C’est un DJ talentueux et précieux, nous aimons le même genre de morceaux, bien que nous ayons tous les deux des goûts différents. C’est toujours intéressant et inspirant de savoir comment il réagit à mes transitions ou comment je vais réagir à ses combos dans le prochain round.

Vous avez déjà joué au Bikini mais revenir avec votre label, « votre crew », ça vous fait quoi ?

J’ai déjà joué à Toulouse quelques fois et c’est toujours amusant. Mais cette fois-ci, nous allons tout briser avec l’équipe Eatbrain, ce qui est encore mieux, je suis vraiment impatient !

Il doit y avoir quelque chose dans l’eau à Toulouse, parce que vous avez beaucoup d’artistes talentueux comme The Clamps, Signs, Bl4ck Owlz et plus…

Donc je suppose que les gens savent déjà devenir fou lors d’une bonne soirée de drum & bass. Le Bikini est un lieu incroyable pour ça ! Une grosse capacité, le système de son de malade, la cabine du dj. J’adore les backstages aussi, c’est un club très professionnel.

Je me souviens de la première fois, quand j’ai vu le nombre de voitures stationnées à l’extérieur du club, je me disais »wow, ça va être énorme ce soir ». Espérons que ce sera la même cette fois aussi !

 

TELEKINESIS

Telekinesis

On ne vous présente plus, Telekinesis est un duo qui tourne bien et ce depuis quelques années déjà! Pourriez-vous nous en dire plus sur la place et le rôle de chacun dans ce projet?

Telekinesis: Nous sommes producteurs et DJs. Nous faisons toujours les morceaux ensemble au studio. Marko a tendance à plus jouer pour Telekinesis que Luka, qui a également son projet solo, mais Luka a un rôle crucial dans le studio.

Chaque année, vous continuez à avoir des dates, et vous produisez de nouvelles choses … Que pouvons-nous attendre de vous dans les prochains mois? Avez-vous des projets parallèles ? Un album en cours ? De la musique autre que de la D&B peut-être ?

Nous venons de sortir l’EP New World Order sur Blackout et avons déjà commencé à travailler sur un nouveau. En décembre L33 nous rend visite et une collab est prévue. On a vraiment hâte ! Nous ne pensons pas à un album pour le moment, nous voulons juste sortir plus de bangers sous forme d’EP. Et non, Telekinesis fera toujours de la Drum & Bass !

Présents depuis longtemps chez Eatbrain, qu’est ce que vous y trouvez et que vous ne trouvez pas ailleurs ?

Nous aimons combien Jade s’implique et fournit des efforts pour chaque petit détail dans le label, c’est aussi quelqu’un de très sympa et avec qui c’est agréable de travailler. C’est un grand ami, s’il était un zombie, je ne le tuerais pas !

Vous êtes prêts pour Toulouse? Quel effet ça fait de revenir « entre amis », avec le label Eatbrain?

Oh que oui ! Quand j’y ai joué pour la dernière fois, au moment où j’ai terminé je me suis dit « Je veux jouer ici de nouveau! ». Depuis j’attend que l’occasion se re-présente !

 

SIGNS

signs

C’est en partie grâce à votre EP « Naked Lunch » sur Eatbrain que le nom Signs est sorti de l’ombre ! A quoi est du le succès de cette sortie ?

C’est vrai que cet EP nous a permis de nous projeter sur le devant de la scène même si avant lui il y a eu deux single et le Indigo EP sur C4C qui nous ont bien aider à sortir de l’ombre; après c’est le premier ep sur lequel on a autant taffé et avec la montée en puissance de Eatbrain à ce moment là ça a fait un bon combo !

Depuis, vous avez signés chez plusieurs gros labels tels que Blackout, RAM, Bad Taste, Division Recordings, Project 51, Piranha Pool. Comment expliquez-vous cette expansion en seulement deux ans ?

Un peu de taff mais surtout de la drogue , de l’alcool et des putes !!!

Nan vraiment sans plaisanter on en voulait grave , on s’est pas arrêté et dès que la brèche s’est ouverte, on s’est pas posé de question , on a foncé et ça commence payer !

On vous voit aussi sortir des morceaux de Futurebeat (Bliss Flop, Clap Yah…), qu’est ce qui vous plaît dans ce style?

Ayant pas mal d’influences hip-hop tout les trois c’est un style qui nous a parlé tout de suite . Tu peux aussi bien en dropper sur du gros dancefloor qu’en écouter chez toi au calme, quand tu en compose ya plus vraiment de barrière tu peux y incorporer ce que tu veux sans vraiment respecter de code, à part peut être le bpm qui varie entre 80 et 90 , ce qui permet d’en jouer dans des set drum & bass. C’est complet tout récent et on croit vraiment en ce style.

Si vous deviez nous citer 3 artistes (ou groupes) qui vous inspirent, ce serait lesquels ? Pourquoi ?

Kendrick Lamar, pas besoin d’en parler, allez écouter sa musique le mec est tout simplement au dessus. Sa musique est vraiment fédératrice sans se faire classer dans un genre net est précis , même si ça reste axé hip hop bien évidemment.

Amon Tobin nous a toujours beaucoup inspiré. On le considère comme un véritable génie du sound design, il mène l’art de combiner des sons concrets à des mélodies synthétiques jusqu’à dépasser les frontières audiovisuelles grâce a des installations hors normes.

Et Tyler the creator pour sa folie et sa créativité aussi bien dans ses lyrics, sa musique, ses clips vidéos ou encore ses tenues vestimentaires.

Jouer à la maison avec un des labels qui vous a fait connaître sous Signs, ça fait quoi ?

Ça fait grave plaisir , c’est notre deuxième Eatbrain Night et on a préparé quelque ptite exclus pour l’occasion !!! Cette soiree s’annonce très sale !!!

 

L 33

L 33

Quand as-tu commencé à produire de la Drum & Bass ? Qu’est ce qui te motive à faire ça ?

L 33: J’ai commencé à produire à l’âge de 12 ans, mais je me suis mis à la Drum and Bass il y a 4 à 5 ans. Je crois que j’avais environ 17-18 ans.

La meilleure motivation est le soutien que les gens m’ont donné pendant une longue période et je ne peux pas exprimer à quel point j’en suis reconnaissant.

L 33, aka le gars qui a retourné le Neurofunk game en un album – Karate LP – sorti sur Eatbrain en Mai dernier. Que représente ce label pour toi ?

Sombre, profond, sans filtre, effréné. Fondamentalement, Eatbrain représente la version hard du son dancefloor. Je suis extrêmement heureux de faire partie de cette équipe, c’est une grande famille !

On se souvient de ton passage au Bikini en septembre 2014. Quel effet ça vous fait de revenir jouer ici avec ton crew?

Je me souviens encore de cette nuit-là. C’était incroyable. Pour moi Le Bikini est l’un des meilleurs clubs d’Europe. Je suis vraiment enthousiaste à propos de la prochaine  Eatbrain night dans quelques semaines. Ça va être massif ! Merci pour l’invitation ! Et la chose qui m’a vraiment impressionné, c’est la foule. Oh goshh !!! Ces types (le public) ne sortent pas du club tant que la fête n’est pas finie !! “Ravers” attitude à son summum !

Désormais sur le devant de la scène, reconnaissable par votre empreinte musicale, vous vous produisez dans les plus grandes salles et plus grands festivals européens. S’il devait y avoir trois choses que vous souhaiteriez réaliser, lesquelles seraient elles ?

Et bien, je voudrais faire de mieux en mieux ce que je fais, tout fignoler à la perfection, et me développer constamment.

 

AGRESSOR BUNX

Agressor Bunx

Il y a deux ans, vous avez fait votre première date à Toulouse. Depuis vous avez bien évolué et vous vous êtes fait connaître du public de la scène Drum & Bass.  Comment avez-vous vécu cette évolution ? Qu’est ce qui vous a permis cette ascension ?

Agressor Bunx: Oui, il y a deux ans nous avons eu une date à Toulouse et c’était absolument fou ! C’est une de nos dates préférées ! Nous travaillons si dur pour être qui nous sommes. Nous essayons toujours de faire quelque chose d’intéressant et et de spécial !

Vous êtes frères. Ce n’est pas trop dur de travailler « en famille » ? De vivre ensemble en quasi-permanence ?

Ouais, nous sommes frères et parfois c’est vraiment difficile de faire des choix, mais c’est normal ! Nous pensons que tous les artistes ont le même problème quand ils produisent ensemble. Nous vivons à part, mais parfois nous travaillons ensemble, pour finir les morceaux par exemple.

Quels sont vos rôles dans ce duo ? Comment les avez-vous établis ?

Hehe, Nous n’avons aucun rôle, nous faisons tout ensemble! Parfois, nous choisissons qui fait quoi, mais c’est assez rare.

Désormais chez Eatbrain, Blackout, Program (pour ne citer qu’eux), vous avez aussi joué au Let it Roll. Quels sont vos prochains objectifs ?

Nous sommes si heureux de travailler avec Eatbrain, Blackout, Programme et autres grands labels! C’est juste notre stratégie pour monter, toujours monter… Oui, nous essayons toujours d’avoir des objectifs et de les atteindre. Ne pas s’arrêter et être les meilleurs!

 

HYPOXIA

hypoxia

Max et William, une petite question pour vous présenter, comment vous êtes vous rencontrés ? Qu’est ce qui a fait que ça a collé et que vous ayez eu envie de lancer ce projet commun ?

Hypoxia: Salut Tom, très heureux de parler de ce que l’on fait et de partager notre engouement avec vous.

Donc tout d’abord, Maxime et moi nous connaissons depuis un certain temps maintenant. Nous faisions tous deux partie de la scène de D&B d’Anvers et nous nous sommes rencontrés à une soirée quand nous avions 17 ans.

À ce moment-là, Max a commencé s’est mis à la production et a commencé avec le projet Athys & Duster. J’étais plus concentré sur la musique et je jouais en tant que DJ, mon attrait pour le sound design et la production m’est venu quelques années plus tard.

Nous nous sommes associés, en gros, en 2013, après s’être envoyés mutuellement quelques bits et octets. Le truc que nous voulions faire était tout à fait nouveau pour nous deux, mais nous partagions la même vision sur la musique, et de là, Hypoxia est né.

Vous êtes sortis chez Eatbrain, Bad Taste, Drum & Bass Arena et Titan Records, pour ne citer qu’eux. De belles releases, avec toujours autant de puissance. D’où vient cet attrait pour les morceaux tournant autour de la “puissance”?

Nous aimons le type plus techy de sons à l’ancienne comme les anciens Ed Rush & Optical, Kemal, ou les sons de Renegade Hardware..

Un des aspects d’un tel son est d’apporter de la vie dans le morceau sans trop mélanger de choses étranges en même temps mais en se concentrant sur quelques aspects seulement.

Si vous remontez aux années où beaucoup de cette musique aux sonorités techy était produite, vous êtiez limité à une faible quantité de samples que votre séquenceur pouvait stocker. Des limitations comme celles-ci forceait les producteurs à être créatifs et à élaborer des tracks avec moins d’éléments.

“Less is more”, nous aimons cette approche simple.

Construire une piste avec moins d’éléments nous donne la possibilité de pousser et de se concentrer sur certains aspects de nos sons. C’est souvent ce rendu qui fait des pistes “puissantes”.

Nous pourrions faire des choses plus expérimentales et aller bien au-delà d’une bonne partie de la créativité, mais nous pensons que notre musique ne devrait pas être accessible qu’aux scientifiques. C’est amusant de le faire , mais nous ne voulons pas devenir des gourous du marché de niche qui se perdent dans la réalité avec des arrangements complexes.

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(Signal, un petit coup de main? 😉 )

Avec les avantages et les inconvénients d’avoir une approche directe, nous sommes heureux de trouver un consensus pour notre musique et de toujours être en mesure d’atteindre un large public avec une touche personnelle.

Vous avez un projet plus professionnel avec Nickbee et The Clamps: NHC Studios. Vous pouvez nous en dire plus ?

Nous sommes bons amis depuis quelques années déjà et nous parlons de nos mixdowns et de nos masters chaque semaine. Du coup, Nickbee nous a approché pour savoir si nous étions intéressés par commencer à proposer ce service de mixdown et de mastering, et nous avons dit oui. Nous le faisions de toute façon pour les amis et certains producteurs, le faire officiellement avec les studios NHC était la suite logique des choses.

Et nous faisons plus que des mixdowns et des mastering maintenant. Actuellement, Max est co-producteur de Set Things right ‘album, un groupe metalcore de Belgique.

On vous a vu vous illustrer sur des collabs, avec HYQXYZ ou Doctrine par exemple. Est-ce qu’on peut s’attendre à de nouveaux projets similaire? Avec Nickbee ou The Clamps peut être?

Certainement, nous envoyons des trucs à d’autres producteurs et des idées de collabs apparaissent ! Mais tout cela est encore à un stade précoce donc nous laissons les choses se faire et de plus en plus de collabs ont des chances de se faire.

Faire des collabs est également une grand vecteur d’apprentissage parce que nous voyons d’autres personnes utiliser nos sons d’une manière que nous n’aurions jamais pensé et vice versa. Attendez-vous à quelques-uns des projets sur lesquels nous travaillons pour le début de l’année prochaine.

La scène Drum & Bass belge se porte plutôt bien, entre les festivals, les soirées Star Wars, Blackout, le phénomène Jump Up… Comment expliquez-vous cet engouement de la part des belges?

Pour nous, quand nous étions plus jeunes, les spots de Drum & Bass où nous allions entre potes nous permettaient de nous amuser et de déroger aux règles du quotidien.

La Drum & Bass a pour but de briser les règles.

C’est l’un des styles de musique électronique les plus avancés et variés que nous connaissons, parce que nous ne sommes liés à rien sauf à un tempo ou un groove. Vous pourriez classer Noisia, et Netsky comme drum & bass, mais il y a une grande différence dans ce tout ce qu’ils font. Je pense que cet éclectisme donne la possibilité d’avoir différentes atmosphères à choisir lors de la programmation d’un événement de Drum & Bass.

À propos du Jump up : Jumpy est un jeune cousin de la famille.

Il a commencé avec des producteurs comme Hazard et Original Sin, mais a évolué dans une Drum & Bass moins complexe, ce qui le rend plus facile d’accès à un niveau musical.

En raison du fait qu’il n’est pas aussi complexe que la Neurofunk, nous comprenons que les jeunes producteurs sont attirés par un son où la violence et l’aspect “dirty” sont les objectifs principaux. Donc avec une énorme quantité de producteurs et beaucoup d’adolescents qui veulent s’identifier à ce son hard et rebelle, ce n’est pas si étrange que le Jump Up domine la scène en Belgique avec autant de soirées.

Mais selon nous, il y a beaucoup de soirées qui manquent d’originalité et choisissent de promouvoir la quantité au-dessus de la qualité. Et si vous deviez choisir entre un club de qualité ou une soirée dans un  entrepôt moins cher avec plus de 10 djs sur le line-up, que feriez-vous en tant que jeune étudiant? C’est un pari sûr pour les promoteurs de faire de tels events.

Cela ne veut pas dire que toutes les soirées Jump Up sont, musicalement parlant, ennuyeuses et bon marché. Beaucoup d’organisateurs réfléchissent et repoussent les frontières du Jump Up afin de faire évoluer, comme Stealthbombers, Rampage, Antwerp City Flow.

Ceci dit, outre notre cousin ‘Jumpy’, il y a beaucoup de styles et d’événements différents qui apportent à la Drum & Bass des sonorités plus matures en Belgique. Mais en fin de compte, il s’agit de s’amuser et d’écouter de la musique. Nous ne jugeons pas les gens sur leurs goûts.

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